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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 14:13

Je prends tout le temps nécessaire pour bien m’installer, préparer mon matériel, veiller à avoir tout ce dont j’aurai besoin sous la main. Ensuite, je m’assois et je me concentre pour procéder à une introspection.

Quel est le format qui à cet instant m’attire le plus ?

Quelle est la palette de couleurs qui est le plus en correspondance avec mon état d’esprit du moment ?

Je fais confiance à mon instinct et ensuite j’interroge mon choix.

Pourquoi un carré plutôt qu’un format paysage ou une marine ? 

Pourquoi ces tons de bruns et bleus ?

L’espace  et les couleurs induisent  des compositions différentes et j’essaie de cerner ce que je veux exprimer à travers mon choix : l’équilibre ? Le tumulte ? la sérénité ? L’incertitude ? Le mystère ? 

La plupart du temps je suis incapable de répondre à ces questions. Pourtant je sais que le simple fait de me les poser contribue déjà, de façon plus ou moins consciente, à structurer le tableau à venir.


Tout en me laissant porter par cette phase d’introspection, je prépare ma palette. D’abord le blanc, car le blanc est à la base de ma palette. Utilisé seul ou teinté d’une autre couleur,  il constitue ma réserve de lumière. Il doit être d’une consistance onctueuse et je le travaille donc longuement en lui ajoutant de l’huile de lin.

Je prépare ensuite le coin des couleurs du jour en les dissociant les unes des autres.  Chacune d’entre elles sera également travailler à l’huile de lin puis mélangée en partie au blanc et à une ou deux autres couleurs de la palette.  Au final ma palette est constituée d’un maximun de six à huit couleurs que je mélange entre elles et avec le blanc.


Il me faut souvent une heure, parfois plus, pour effectuer toute cette préparation. Puis viens le moment de commencer le tableau. La toile est devant moi, posée à plat sur la table.

Nouvelles questions auxquelles je réponds toujours de façon intuitive : est ce que je privilégie l’épaisseur ou la fluidité ? D’où viendra la lumière ? Du centre de la toile ou d’un de ses bords et si oui, lequel ?


En fonction des réponses je commence au couteau, en déposant d’un geste franc une épaisse couche de pâte sur la toile ou je verse d’abord sur la toile une bonne rasade de white spirite que j’étale à la main. De toute façon le jeu du liquide et de la matière est toujours présent dans chacune de mes compositions !

 

C’est toujours avec un certain émerveillement que je découvre la première trace que je laisse sur la toile. Une fraction de seconde avant je ne savais rien de ce qui allait apparaître et soudain la couleur se diffuse, la matière se structure et commence à évoquer des univers improbables. C’est alors un travail d’écoute qui commence. Que me disent ces formes et ces couleurs ? Les réminiscences de mes voyages, des flashs répondent à ces premières traces et me guident dans la composition d’univers nouveaux.

Tout se passe alors très vite et l’essentiel du tableau nait en quelques minutes.

En revanche, le travail d’ajustement, pour mettre en valeur la composition naissante, pour introduire ici la lumière, là une certaine ambigüité, pour tracer un passage ou marquer une rupture, est beaucoup plus long. Parfois il faut laisser reposer le tableau, prendre de la distance pour le revoir avec un regard neuf et lui offrir enfin son aboutissement.

 

Peindre selon cette démarche est à la fois très exigeant et facile. Très exigeant car il faut se faire confiance, ne pas avoir peur de laisser advenir sur la toile quelque chose de soi que l’on ne maitrise pas vraiment. Il faut être convaincu d’avoir quelque chose à transmettre et avoir le désir de partager.


Peindre sans modèle et sans représentation figurative est un défi. La structure du tableau ne préexiste pas et il faut définir les règles au fur et à mesure que l’on avance.

Il ne faut pas non plus craindre les ratés !  Tous les essais ne débouchent pas sur une œuvre digne d’être offerte au regard de l’autre… Si le résultat ne vous paraît  pas satisfaisant, vous pouvez le reprendre ultérieurement, le transformer ou le détruire…  

C’est très facile car chacun est porteur d’une histoire et d’une expérience digne d’être partagée et qui ne demande qu’à prendre forme. Et puis quel plaisir de donner vie à un monde qui n’existe pas !

 

Vous n’avez rien à perdre, tout à gagner alors lancez-vous !

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Published by Josse Annino - dans Initiation à la peinture
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  • Josse Annino
  • Artiste peintre. Ma démarche est centrée sur la quête d’un équilibre dans mon rapport au monde et à l’Autre. Elle  évolue  autour  de deux orientations   intitulées "Peintures sous influence" et "Sur la trace de l’autre".
  • Artiste peintre. Ma démarche est centrée sur la quête d’un équilibre dans mon rapport au monde et à l’Autre. Elle évolue autour de deux orientations intitulées "Peintures sous influence" et "Sur la trace de l’autre".

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